Infection
à V.I.H. et rétinite à CMV
Guide de counseling
Catherine
TOURETTE-TURGIS
Ed. Comment Dire, 1996
version intégrale
1.37 Mo
Pour le patient,
la rétinite à cytomegalovirus (CMV), de par son
caractère récidivant et invalidant, signe l'entrée
dans une phase de l'infection à VIH où les choses
ne seront jamais plus comme avant. Associée à
une baisse visuelle, voire à la perte de la vue, elle
survient, au décours de l'infection à VIH, dans
un contexte d'immunodépression aggravé qui le
confronte à un ensemble d'incertitudes sur son devenir.
Cette phase représente un moment particulièrement
éprouvant pour le patient qui doit intégrer une
problématique de handicap dans l'histoire de sa maladie,
ce à quoi il n'est pas forcément préparé.
Face au traumatisme de l'annonce du diagnostic et aux changements
liés à la survenue de cette affection, sa vie
et son rapport à sa maladie s'en trouvent profondément
bouleversés. Pour les soignants, la survenue de la rétinite à CMV chez un malade du Sida représente un challenge qui peut se résumer ainsi : comment faire face dans la relation de soin à l'émergence d'un handicap survenant à un stade avancé de la maladie ? Comment gérer l'effet traumatique de l'annonce du diagnostic et les risques post-traumatiques au cours du suivi ? Si la rétinite à CMV ne signifie pas pour autant que le patient a des problèmes psychologiques qui doivent donner lieu systématiquement à une orientation vers un psychologue ou vers un psychiatre, elle signifie néanmoins que la relation de soin est plus que jamais traversée par de nouvelles composantes qu'il est difficile pour les praticiens d'ignorer, surtout quand celles-ci ont des conséquences directes sur l'état du malade, sur les relations qu'il entretient avec sa maladie voire avec ses traitements et sur la relation soignant-soigné. Le counseling, en tant que relation d'aide intégrée à la relation de soin, permet aux soignants la prise en compte et le traitement des composantes psychologiques et sociales à l'oeuvre dans la maladie et ses traitements. Il permet en effet d'articuler la réponse médicale à une écoute, un soutien et un accompagnement visant à améliorer la qualité de vie du patient et la qualité du soin. Il a pour objectif de faciliter le changement en aidant le patient à en être l'acteur et à reprendre son évolution personnelle là où pratiquement l'irruption de chaque affection grave risque de le figer. Le counseling est d'autant plus important que les patients arrivés à ce stade ont des difficultés à nouer de nouveaux attachements. S'ils n'ont pas de famille, de partenaire aimant ou "d'amis de longue date", ils n'ont personne avec qui parler de leurs émotions, leurs peines, leurs incertitudes, leurs espoirs et leurs projets. La pratique du counseling est une pratique d'accompagnement
spécifique dont l'outil majeur est l'entretien. C'est la
raison pour laquelle nous proposons ce guide d'entretien aux soignants
afin qu'ils puissent s'en inspirer pour conduire leurs entretiens
auprès des personnes confrontées à la rétinite
à CMV. Pour le construire, nous avons mené nous-mêmes
pendant une année une série d'entretiens auprès
de personnes confrontées à la rétinite en
France et aux Etats-Unis et avons demandé à des
équipes soignantes de nous faire part de leurs interrogations
et des thèmes qu'ils souhaitaient voir aborder dans ce
guide.
|
SOMMAIRE GENERAL Introduction
A propos de l'auteur Catherine Tourette-Turgis est maître de conférences en Education à la Santé à l'Université de Rouen (France). Elle est chargée d'enseignement sur la psychologie de la santé à l'Ecole de Santé Publique de l'Université de Berkeley (U.S.A.). Elle est l'auteur de nombreux articles et d’un ouvrage sur le counseling paru 1996 ("Le counseling", édition Presses Universitaires de France, collection Que Sais-Je ?). Elle est aussi, avec Maryline Rébillon, co-fondatrice de "Comment Dire", agence de formation et de communication sociale.
|