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3.1
- Réunir les conditions d'une prise de décision chez le
patient (Texte
intégral)
a) Le processus de prise
de décision
Dans le domaine médical, la prise de décision
est un thème crucial. Par exemple, dans le domaine du
cancer, des programmes d'intervention spécifiques sur
le thème de la décision ont été
conduits lorsque les études ont commencé à
montrer que les patients atteints de cancer prenaient des décisions
trop tardives en matière de traitement.
Prendre une décision est un processus qui comporte une
série d'actions dans laquelle la personne considère
sa condition, collecte des informations, fait des raisonnements,
se réfère à son expérience et enfin
agit. Il va de soi que son état physique, son état
mental et son environnement affectent également certaines
étapes du processus de décision.
Il est donc intéressant d'explorer les étapes
par lesquelles est passé ou devra passer le patient pour
adhérer à la décision de soin, car si le
patient ne prend pas la décision du traitement, il y
a toujours un moment où cette décision, ne serait
ce que dans sa réalisation concrète, passe par
lui. C'est le patient qui prend le traitement et pas le médecin
et il faut parfois attendre les premières analyses biologiques
de la fin du premier mois pour que le patient s'approprie sa
décision de traitement.
" J'ai pris le traitement parce que
le médecin m'a convaincu mais j'ai vraiment fait mienne
cette décision le lendemain des résultats de la
charge virale, cela avait marché, alors c'était
bon
"
Les premiers résultats tangibles du traitement, surtout
s'ils sont bons, jouent comme un élément renforçant
la décision de traitement.
" J'avais l'impression que c'était
ma décision à moi aussi mais c'est vraiment lorsque
le traitement a écrasé ma charge virale que mes
dernières hésitations ont disparu."
b) Connaître
le profil de votre patient en terme de préférence
de contrôle dans la prise de décision.
Si on fait l'hypothèse de l'existence d'une cohérence
comportementale, il va de soi que chaque patient, selon son
type de préférence de contrôle, aura des
attentes différentes dans la relation médecin-patient
et aussi développera une relation différente à
la prescription. Par exemple, un patient qui aime partager (attitudes
et comportements) les décisions avec son médecin
attendra de ce dernier plus d'informations, plus de concertation,
plus de dialogue. Un patient qui ne veut surtout pas participer
à une quelconque décision sera mal à l'aise,
voire même sera déstabilisé si son médecin
lui demande de discuter une décision médicale.
A l'inverse, en cas d'échec, les réactions seront
différentes : ceux qui ont l'impression d'avoir été
exclus de la décision reporteront la faute sur le médecin,
ceux qui ont pris eux-mêmes la décision auront
tendance à s'auto-attribuer la responsabilité
de l'échec.
La préférence
du patient en terme de contrôle
dans la prise de décision de traitement
Pour connaître la préférence
du patient en terme de contrôle dans
la prise de décision de traitement,
afin de déterminer si dans son esprit
l'impulsion de soins et la décision
des traitements sont strictement l'affaire
du médecin ou s'il estime que les
choses doivent partir de lui voire être
partagées entre le médecin
et lui, on peut lui poser, en les explorant,
les questions suivantes :
1 - Préfère-t-il
que cela soit lui qui prenne la décision
de traitement ?
2 - Préfère-t-il que cela
soit lui qui prenne la décision de
traitement après avoir pris en compte
l'opinion de son médecin ?
3 - Préfère-t-il partager
avec son médecin la décision
de traitement ?
4 - Préfère-t-il que cela
soit son médecin qui prenne la décision
de traitement après avoir pris en
compte son opinion ?
5 - Préfère-t-il laisser prendre
à son médecin toutes les décisions
de traitement ?
Les réponses positives à
1 et 2 indiquent son désir d'avoir
le contrôle sur la décision
de traitement. Ce modèle, ou
modèle du patient décideur,
suppose que les connaissances du médecin
soient transférées au patient.
Ce dernier réévaluera les
connaissances qui lui ont été
transmises, y ajoutera ses propres choix
et prendra la décision ou non de
traitement.
La réponse positive à
3 indique son désir de partager la
décision avec le médecin (co-décision).
Ce modèle de la décision partagée
suppose que le médecin et le patient
échangent leurs connaissances et
leurs choix pour parvenir à une décision
partagée.
Les réponses positives à
4 et 5 indiquent son désir de laisser
au médecin la prise de décision.
Ce modèle du médecin
décideur suppose que les connaissances
du patient soient transférées
au médecin. C'est ce dernier qui
prendra la décision de traitement.
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c) Comment évaluer l'adhésion
de votre patient à la prise de décision de traitement
?
La prise de décision repose sur 3 éléments
: la possibilité de choix, la connaissance, et la reconnaissance
du droit à la libre détermination.
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Un patient a plus de chances d'adhérer
à sa décision de traitement sur le long terme
s'il a pu effectuer les procédures suivantes :
· Avoir assimilé et tenu compte
des informations qui lui ont été transmises
ou qu'il s'est procurées lui-même.
· Avoir exploré des alternatives à la
prise d'un traitement.
· Avoir évalué les avantages et les inconvénients
du traitement et de chacune des alternatives.
· Avoir anticipé les contraintes et les changements
requis par la prise de traitement.
· Avoir anticipé les problèmes particuliers
qui peuvent surgir au décours du traitement.
-
Un médecin peut mesurer l'adhésion
du patient à la décision de traitement en s'inspirant
du protocole suivant :
1. Quelles seraient les alternatives à
la prise d'un traitement ? (reprendre chaque alternative exposée
par le patient et en explorer avec lui les avantages et les
inconvénients)
2. Quels bénéfices attendez-vous de ce traitement
?
3. Quels inconvénients et difficultés anticipez-vous
? (rythme des prises, effets secondaires, résistances,
échec thérapeutique, etc.)
4. Quelles sont vos propres motivations à prendre cette
décision maintenant ?
5. Avez-vous l'impression d'avoir encore besoin de temps pour
prendre cette décision ?
- Si oui, de combien de temps ?
- Si non, qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Extraits
du livre
"Accompagnement et suivi
des personnes sous traitement antirétroviral"
Catherine Tourette-Turgis, Maryline Rebillon
Ó
2000-2001, Comment Dire. All rights reserved.
commentdire@commentdire.fr
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SOMMAIRE GENERAL
Introduction
1
- L'incertitude dans les maladies chroniques et dans l'infection à
VIH
2
- L'observance thérapeutique
3 - La mise
sous traitement
3.1 - Réunir les conditions d'une prise de décision chez
le patient
3.2
Proposer un traitement et réassurer le patient
3.3
Etablir un contrat thérapeutique
3.4
- Aider à la mise en place de routines
3.5 Soutenir
le patient dans l'observance de son traitement
4 - Un cas particulier de mise sous traitement : le traitement post-exposition
5 - Problèmes particuliers de suivi
5.1 - Le changement de traitement
5.2 - L'arrêt de traitement
5.3
- Les effets secondaires et les effets indésirables
5.4 - Qualité de vie
5.4.1 - La vie sociale et professionnelle
5.4.2 - La vie sexuelle
6 - Publics spécifiques
6.1 - Les femmes
6.2 - Les enfants
6.3 - Les jeunes en situation de vulnérabilité
7
- La co-infection VIH/Hépatites
7.1 - Le vécu des séropositivités multiples
7.2 - L'observance des traitements dans la co-infection
Bibliographie
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