n°64/65 - janvier/février 99, pp. 25-26
Spécial Observance en collaboration
avec Comment Dire
CE QU'ILS/ELLES FONT
La Direction Générale de
la Santé et l'observance
définir des recommandations
applicables
Comment se pose le problème de l'observance pour la Direction
Générale de la Santé ?
Nous pensons que l'observance aux traitements est une condition essentielle
de l'efficacité thérapeutique. Les nouvelles stratégies
de traitement de l'infection à VIH ont remis en évidence cette
problématique, faisant apparaître la nécessité d'accompagner
et soutenir les personnes atteintes afin de les aider dans une démarche
volontaire "d'adhésion" à leur traitement (démarche
individuelle), et par là même de prévenir l'apparition de
résistances virales (démarche de santé publique).
Comment situez-vous la question des traitements VIH
par rapport
aux autres pathologies ?
Les problèmes d'adhésion aux traitements sont bien connus. On
a regardé ce qui a été étudié et préconisé
dans d'autres pathologies, et en particulier dans le diabète qui semble
un modèle assez proche. Afin de bénéficier de son expérience,
nous avons invité l'Association Française des Diabétiques
(AFD) à participer à un groupe de travail sur l'accompagnement,
dans le cadre de l'adhésion aux traitements antirétroviraux, que
nous avons organisé à la DGS-division sida.
Quels sont les objectifs de ce groupe de travail ?
Le groupe de travail, créé en mai 1998 à l'initiative du
Directeur Général de la Santé, le Professeur Joël
Ménard, a pour objectif principal d'émettre des recommandations,
pragmatiques et réalisables, visant à permettre une meilleure
adhésion des patients aux traitements antirétroviraux. Il s'inscrit
dans la suite du rapport " Diagnostic précoce, traitement antirétroviral
après exposition et dépistage de l'infection par le VIH "
de février 1998, qui proposait une réflexion nationale sur ce
concept d'accompagnement.
Avez-vous l'intention de rédiger des circulaires
comme celle de 1991
qui précisait les modalités d'accès au dépistage
?
Nous envisageons l'élaboration d'une circulaire qui précisera
des orientations et des priorités, en direction des centres hospitaliers,
des réseaux ville-hôpital, des professionnels de santé libéraux
et de tous les acteurs intervenant dans le parcours de la personne atteinte
en traitement. Ces orientations devraient couvrir un large champ médical,
mais aussi psychologique et social.
Comment est composé ce groupe de travail ?
Le groupe de base, multiprofessionnel et pluridisciplinaire, est constitué
d'un membre du TRT5 (1) représentant les associations, d'un médecin
de ville et d'un médecin hospitalier membres d'un réseau ville-hôpital,
d'un psychologue, d'un travailleur social, d'un chercheur de l'INSERM (2), d'un
médecin de l'industrie pharmaceutique, d'un représentant de l'Association
Française des Diabétiques et de représentants de l'administration
(Direction des Hôpitaux, Direction de l'Action Sociale, DGS-division sida
et bureau de la qualité des soins).
Nous avons limité le groupe à un nombre volontairement limité,
afin de permettre l'audition d'experts dans les domaines apparaissant nécessaires
à notre démarche.
Que s'est-il passé dans ce groupe de travail
?
Pour l'instant, il y a eu cinq réunions dans lesquelles nous avons bénéficié
des interventions de l'AFD sur son expérience dans l'observance au traitement
à travers l'éducation du patient, de chercheurs en sciences sociales
pour une synthèse bibliographique sur le thème "support social
et observance", de représentants d'associations sur leurs expériences
auprès des patients VIH sous antirétroviraux. Une réunion
portant sur la formation a pris en compte les travaux du groupe de travail DGS
sur " Counselling et trithérapie " à propos de la formation
des acteurs de santé. Nous aurons prochainement l'intervention du CFES
(3) sur l'éducation du patient ainsi que celle de la Direction des Hôpitaux.
Notre position consiste à dire que lorsque nous confions une mission
à un intervenant reconnu pour son expertise dans un domaine qu'il nous
est nécessaire de connaître, nous considérons son travail
pour acquis. Par exemple, dans d'autres pathologies que l'infection à
VIH, l'éducation du patient a prouvé son efficacité.
Pouvez-nous dire ce qui se dessine en termes d'orientation
?
Il nous faut pouvoir sensibiliser l'ensemble des acteurs au fait que l'accompagnement
des patients pour une bonne adhésion à leur traitement est une
priorité. Nous souhaitons inciter les médecins et l'ensemble des
professionnels à suivre des formations sur le thème de l'adhésion,
favoriser la mise en place de consultations de soutien thérapeutique,
tant à l'hôpital qu'en ville. Le "Fonds d'aide à la
qualité des soins en ville" instauré par le plan de financement
Sécurité Sociale 1999 pourrait être sollicité. D'autre
part, l'idée de créer des centres pilotes d'éducation du
patient en traitements complexes sur le long terme, mérite d'être
creusée. Nous avons demandé aux laboratoires pharmaceutiques des
remontées d'informations de leurs actions sur l'observance, mais ces
communications restent très fragmentaires.
Comment envisagez-vous de tracer des lignes d'orientation
sur les effets
secondaires qui représentent de plus en plus un thème
d'intérêt primordial pour les patients ?
La conférence de Genève a bien pointé les problèmes
rencontrés par les patients. Il est peut-être encore un peu tôt
pour dessiner des orientations précises, mais la bonne connaissance de
ces effets, tant des professionnels que des patients, est un préalable
nécessaire vers une bonne adhésion aux traitements.
Propos recueillis par
Maryline Rébillon
Commentdire@compuserve.com