Comment Dire étude de cas

 

La situation exposée ci-après a pour objectifs
d’illustrer les stratégies et les outils de counseling
qui peuvent être employés dans l’accompagnement.

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DJAMILA (10 ans) et NADJA (8 ans)
ou Du secret obligé

 

Elles sont toutes les deux sous trithérapies ainsi que leur maman qui explique que toute la maison est organisée autour de leur santé à toutes les trois. Chaque fois que l’une des trois change de traitements, les deux autres ont peur. Nadja explique ainsi l’efficacité de son traitement.

Le petit microbe dans le sang, le médicament le met dans une cage, il l’enferme comme cela il ne fait pas de bébé. "

Elle associe ainsi les raisons de l’observance :

" Le petit microbe, il se promène partout toutes les nuits et tous les jours. Il se multiplie toutes les heures alors ils font boire des médicaments ... sinon tu vas maigrir, après tu vas au cimetière. "

Djamila se demande, à la suite d’une intervention de sa maman sur l’obtention d’une charge virale indétectable depuis un mois, si c’est son microbe ou si c’est elle qui est indétectable. On voit bien là qu’il va falloir expliciter le sens de la charge virale d’autant plus que Djamila insiste et demande où est maintenant le microbe.

La maman explique ainsi les difficultés auxquelles elle se heurte en matière d’effets secondaires.

Avec les enfants, il faut distinguer les effets secondaires du traitement car je ne veux pas que les filles pensent que cela vient des médicaments... alors quand elles ont mal au ventre après la prise... je dis ‘cela va passer, ne t’inquiète pas, respire un petit peu'... il faut qu’elles aient une bonne idée du médicament car je peux pas leur donner quelque chose à prendre de mauvais, il faut beaucoup aider les mères et les enfants sur les effets secondaires pour trouver quoi dire quand cela ne passe pas. "

Cette maman nous invite à réfléchir en counseling à la manière d’aborder les effets secondaires dans le cadre de la relation mère-enfant.

Nadja raconte qu’à l’école une autre fillette lui a dit qu’elle était malade et elle explique que sa maman lui a dit de ne jamais parler ni de ses médicaments ni de sa maladie. Alors, Nadja a trouvé la stratégie d’ajustement suivante.

Quand elle m’a dit qu’elle était malade... j’ai pas dit pour mes médicaments mais j’ai mis un petit espace ".

Nadja nous révèle une des difficultés majeures des enfants : la nécessité de garder un secret sur ce qui leur arrive. Ce secret obligé modifie le cadre de leur socialisation et est particulièrement vécu douloureusement pendant les périodes d’été où les deux fillettes bénéficient de séjours de vacances financés par des fonds sociaux au cours desquels, dit Djamila " nos médicaments, on peut pas dire les mots qu’ils ont... Il y en a d’autres ils ont des médicaments mais c’est pour des maladies qui ont des mots ".

 

Réflexions : A la suite de l’entretien, on verra avec la mère qu’effectivement il existe un problème avec la bouteille de sirop. On ne peut pas en aspirer le contenu jusqu’au fond ce qui a pour conséquence de contrarier Nadja.


 

1 - Elaboration sur le vécu des traitements 
  • L’impact des traitements dans la vie quotidienne
  • Les difficultés du secret
  • Les explications liées aux contraintes de l’observance

2 - Elaboration sur les pratiques concrètes des traitements 

  • Les informations à lui apporter
  • Les gestes techniques à explique
3 - Elaboration sur les stratégies d’ajustement 
  • Développement des conduites auto-protectrices
  • Besoin de confidentialité
  • Les peurs et les incertitudes
  • Besoin d’un lieu où elle peut exprimer ses relations imaginaires et réelles au traitement

 

 

Extraits de l'ouvrage
Infection à VIH et Trithérapies : Guide de counseling
Catherine Tourette-Turgis

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