Comment Dire étude de cas
La situation exposée ci-après a pour objectif
d’illustrer les stratégies et les outils de counseling
qui peuvent être employés dans l’accompagnement.
CHANTAL ou Les difficultés à donner
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Chantal, séropositive depuis 1993, a mis quatre ans avant d’avoir accès au traitement.
Chantal fait une distinction entre la méthadone et sa bithérapie.
Chantal est sous bithérapie depuis un mois, en attendant d’être sous trithérapie dès qu’elle parviendra " à se discipliner " dit-elle. Elle a peur de prendre ces médicaments " ad vitam eternam " d’autant plus qu’elle a l’impression qu’elle a toujours évité soigneusement de se confronter à sa séropositivité. Elle n’a jamais été malade et c’est lors du dernier examen annuel qu’elle a découvert qu’elle n’avait plus que 40 T4.
Chantal est sous méthadone depuis quatre ans.
Chantal tente de " se discipliner " et apprécie d’avoir une bithérapie car elle peut routiniser ses deux prises par jour matin et soir et se préparer à une trithérapie. Elle a repris du poids et elle puise ses forces pour le traitement dans ses observations de son entourage.
Chantal est bien consciente des phases de cheminement qui mène à l’adhésion au traitement.
Chantal nous indique d’elle-même le plan de la démarche de counseling à entreprendre. Un premier temps du travail va consister à l’aider à élaborer sur sa séropositivité. Ce travail nécessite de reprendre la douloureuse histoire de la fin de vie de son partenaire. Plusieurs fois, elle y revient au cours de l’entretien.
La spectacularisation de la souffrance de son partenaire l’a mise dans un équivalent de l’horreur et de l’innommable, ce qui l’a obligé en retour pour s’en protéger à développer une stratégie d’évitement fondée sur un déni auto-protecteur. La mise sous traitement vient attaquer l’enveloppe protectrice du déni et fait remonter l’expérience douloureuse qu’elle a dû traverser aux côtés de son partenaire. Une phase de counseling va devoir être consacrée à la réhabilitation positive du sens à attribuer aux traitements et aux capacités de la médecine à " secourir " les malades. Une colère remonte en elle : le fait que son partenaire ait été privé des traitements morphiniques anti-douleur parce qu’il était toxicomane. La voie de sortie nous est indiquée par Chantal elle-même et le travail de counseling devra s’y arrimer : ce qu’elle appelle " la récupération de sa capacité à travailler ". En effet, Chantal se plaint des difficultés à se remettre dans une discipline de travail.
La problématique de Chantal nous ouvre la voie à la mise en place d’une stratégie de counseling de " réhabilitation " et de " récupération " des capacités fonctionnelles du moi. Le travail de counseling doit pouvoir aussi explorer les réponses sociales disponibles en terme d’accompagnement au retour à une activité. Par exemple, Chantal, bénéficiaire du RMI (Revevenu Minimum d'Insertion), pourrait bénéficier d’un stage de formation continue sur l’informatique appliqué à l’édition. Cela lui permettrait de résoudre une de ses difficultés : avoir été exclue de l’évolution de son propre outil de travail. Comme elle l’exprime justement :
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| 1 - Elaboration sur la valeur à attribuer au traitement comme résultant d’un travail sur des thèmes comme : |
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| 2 - Elaboration sur le vécu et l’intégration dans la vie quotidienne des traitements : |
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| 3 - Elaboration d’un projet de socialisation : |
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Extraits de l'ouvrage
Infection à VIH et Trithérapies : Guide de counseling
Catherine Tourette-TurgisÓ 1997 - Comment Dire. All rights reserved.
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